23 janvier 2010

Vers Arequipa

Direction Arequipa. Une femme devant nous ouvre la fenêtre. Il y a des miettes dans son sac plastique. Elle jette les miettes. Oh et puis merde le sac avec ! Les abords des villes sont souvent de gros dépotoirs. Pour une population surement plus sensibilisée au consumérisme qu’à l’écologie.

Juliaca, ciudad loca. Au centre de la ville, ça bouge dans tous les sens. Ca crie. Notre car fait un stop. Moins pour les passagers que pour l’économie locale. Les vendeurs font passer la nourriture par les fenêtres et récupèrent la monnaie tombée au sol. Les bouteilles d’Inca cola volent jusqu’au deuxième étage du bus et retombent. Certaines vendeuses ont le droit de monter à bord. Asado, asadito. Pan pancito. Cancacho, cancachito. Agua, aguito. C’est le continent des ito et des ita. Tout est petit ici. Poco … poquito, poquitito !!!

Un vendeur réussit sur la pointe des pieds à vendre un sac de gros pain de campagne. Le bus reprend sa route lentement, en klaxonnant et en essayant de se frayer un chemin entre les rickshaw à pédales. Les vendeurs marchent à côté du bus et une bouteille d’Inca cola trouve enfin preneur. Deux pièces font aussitôt le chemin inverse. Le bus commence à rouler portes ouvertes car des vendeuses cherchent encore preneur pour des paniers repas.  Après nous avoir sollicité une dernière fois, elles sautent en marche dès que le bus est ralentit par un taxi vélo.

La même ado qui a jeté un sac plastique par la fenêtre nous pollue maintenant les oreilles avec les hauts parleurs de son portable. Comme quoi la coutume naît dans le métro parisien n’a pas de frontières. En plus pénible, eut égard aux grésillements dû au retard technologique de l’appareil. On a du mal à distinguer le rythme et une femme et un homme se relaient pour produire ce qui ressemble à des cris dans un micro bourré de larsens. Elle passe une main marron foncée sur son visage clair. Un vieux vernis rose sur la moitié des ongles, bracelet en plastique assortit. Veste en jean bleu foncé, plaid orange et rose sur les genoux.

Encore des vigognes sur le chemin vers Arequipa. Toujours rien à voir avec les cigognes. Ce sont des lamas en moins poilus et non apprivoisés. Ca se prononce bigougnasse et ça pourrait bien être une insulte en France. Les mots qui finissent en « asse » sont rarement élogieux. Arrêt pipi. Les femmes vont derrière un vieux bâtiment abandonné. Les hommes pissent au vent. Un gars se lève et prend la parole comme un mendiant dans le métro parisien. Il parle fort pour contrer les hoquets du bus qui brinquebale sur une route défoncée. Parfois, sa voix part dans les aigües comme celle d’un ado en train de muer. Il pose des questions sans laisser le temps de répondre. Et personne ne répond. « senores, una preguntita por favor… ». Il vend un truc en boîte qui, pris au petit déjeuner, soigne à peu près tout. Promotion : trois pour le prix de dix. Un « tonico » natural et « sobre todo » un « producto nacional » !!!! (Le « made in Pérou » est très apprécié ici.) Deux cuillères au desayuno … Malgré une puanteur d’arnaque, ça marche. Il en vend une demi-douzaine.

Sur la gauche, un nuage en forme de triangle remplace le haut d’un volcan certainement perdu lors d’une irruption. Ravin de cinquante mètres sur notre droite, et on double dans un virage … La ville haute est construite sur les stries d’une coulée de boue ou de lave. Murs des maisons en pisé. La terre et le sable sont partout. L’homme n’a pas encore tout recouvert. Une ville camouflage. Si la ville haute reste terrienne, la ville basse cultive en vert. Des champs aux abords de la ville. Incroyable. Un beau volcan au dessus de nous. C’est le Misti. Joli reflet d’arbres dans le soleil couchant. Quand même pas aussi beau que le Lican cabur. Le Lican cabur est le plus beauvolcan au monde, même plus beau que le Fuji (c’est dire !). Un petit nuage fait de l’ombre sur un grand nuage qui tourne en écharpe autour d’une montagne.

On arrive dans le centre de la ville d’Arequipa et là c’est le choc. Une odeur de pétrole qui vous colle aux poils des narines. Des taxis miniatures reliés par les pare chocs. Les sirènes des policiers et les alarmes des voitures ressemblent à des jeux pour enfants et changent de tonalité toutes les cinq secondes. Une grande place avec un joli jardin et dans les rues transversales, des rues piétonnes bondées de magasins et de fast foods. Des rues occidentales. Le contraste avec Juliaca rencontrée le matin même fait mal aux yeux. Une mamie lambine dans un couloir. Elle est si bossue qu’on dirait une équerre.

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Posté par Bakasensei à 20:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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