Mes mots, ma malle, mon monde

19 mars 2010

Les incas

A tout seigneur, tout honneur. On en parle en dernier car cerise sur le gâteau.

Comme les Incas n’avaient pas encore de carton, ils construisaient leurs puzzles en pierre de 500kg, ce qui n’était pas très pratique. Comme ils étaient facétieux, ils taillaient des pierres à douze faces au lieu d’utiliser tout connement des briques. Une fois terminés, ils habitaient leurs puzzles pour ne pas gâcher ! Ils y ajoutaient des fenêtres en forme de trapèze car ils aimaient bien le cirque.

Pour une civilisation qui n’a pas une longue histoire, ils ont quand même pas mal de chansons disait-elle.

Pour eux, les bébés ne naissaient pas dans des choux ou dans des roses comme il se doit mais étaient apportés au printemps par des vigognes. Quand ils s’emmerdaient, ils sacrifiaient leurs enfants en haut des stations de ski. Quand la récolte n’était pas suffisante ils faisaient de même mais avec le petit dernier. Comme les congélateurs n’existaient pas encore, ils utilisaient la momification. Avec le culte du soleil, ça fait quand même deux preuves qu’ils avaient bien pompé sur les Egyptiens. Les guides racontent qu’ils sacrifiaient les plus beaux enfants sélectionnés dès le plus jeune âge comme le grain du maïs, mais c’est faux. Après avoir vu la tronche des momies retrouvées dans les glaciers, on comprend mieux pourquoi elles ont fini en Mister freeze. Et l’un dans l’autre, c’est toujours mieux que de finir vieille fille.

Le chamane était une sorte de docteur payé pour prédire l’avenir en regardant les araignées se déplacer ou par rapport à la disposition des feuilles de coca dans une assiette, ce qui peut paraître con mais il fallait quand même un B.E.P.  Après deux ou trois fausses prédictions, il avait le droit à un joker. Il se shootait au Pisco local  afin de rentrer en contact avec l’au-delà. Si les résultats ne suivaient toujours pas, on le sacrifiait. Paco Rabanne, lui, court toujours.

Le sacrifice était donc à l’époque un joli passe-temps. On plaçait les suppliciés sur des tables de pique-nique en pierre qui trônaient au milieu du village et on y allait en famille comme au feu d’artifice.

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Après les incas

Cuzco. Morne plateau. On recycle l’héritage des anciens. On se gargarise sur la beauté des ruines (oxymore) et on fait des meilleures soupes dans des vieux pots.

Les héritiers des Incas  ne tournent pas dans des blockbusters, ne couchent pas avec Paris Hilton et ne gagnent pas la coupe du monde de foot. Les Incas ne sortent plus de célébrités depuis bien longtemps. Le dernier post-Inca célèbre étant Michel Houellebecq. Ils ne remportent pas non plus de prix Nobel. Les parents ont donc la présence d’esprit de faire travailler leur enfant le plus tôt possible car, comme on dit en Quechua : « Qui ne ramène pas son sol, prend une tôle» ou encore « Le lundi aux soles, c’est une chose qu’on n’aura jamais » et le non moins énigmatique « Sol qui roll n’amasse pas molle ». La langue décathlon fourmille de proverbes tous plus désopilants les uns que les autres, mais là n’est pas notre propos.

Ils vendent des gants en alpaga en geignant « Compra me ! Compra me ! ». Un peuple à vendre, en somme. Mais qui voudrait acheter un vieux ridé qui porte un bonnet péruvien ?

Ils mangent des brochettes d’alpagas et de lamas comme s’il nous prenait l’idée de manger du chien. Ils se nourrissent aussi de cochon d’inde car ils n’ont pas de rats !

Côté bible, ils vénèrent le condor qui reste le plus grand mais surtout le plus laid des oiseaux. A croire que Dame Nature avait tout mis dans les ailes.  Et vénérer une pintade aux ailes disproportionnées témoigne d’un certain manque de classe. Feu Michel Leeb aurait dit « Je suis le condor qui passe » et il aurait eu bien raison. Passons !

Ils  s’amourachent facilement du premier lama venu. Ce dernier justifie sa filiation avec les chameaux dès qu’on s’attarde sur la vivacité  de son œil. Les post-inca accrochent aux oreilles des lamas des bandeaux de couleurs pour finir de se foutre de leur gueule, comme si leurs dents ne suffisaient pas. Et les pauvres bêtes continuent de paître comme des drag-queens andines. Ils les tondent parfois pour en faire des bonnets, des gants doublés en polaires ou des chaussons boulochés du plus bel effet sur mon 44.

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Avant les incas

La période Inca s’étend comme du linge propre entre 1200 et 1500 après Jésus Christ, qui lui aussi avait les cheveux longs. Jésus en espagnol, ça se prononce rhésus et il avait pas oublié d’être O positif car il employait toujours des gros mots comme « heureux » ou « bonne nouvelle ».

Oui mais avant ? Y’avait que des lamas ? Certes pas ! Les ancêtres des Incas ont longtemps été un peuple honni de tous. Ils étaient alors un peu les Belges d’Amérique du sud et justifiaient parfaitement l’expression : « Toi, t’es vraiment un cas ! ». Mis à part un retard à l’allumage, c’était des hommes tout ce qu’il y a de plus normal quand on aime les p’tits bruns,  qui s’appelaient Juan et Francisco comme tout le monde. Ils se différenciaient de nos hommes préhistoriques à nous surtout par le fait qu’ils mangeaient déjà de la paëlla et c’est peut-être pour ça que les Conquistadors, par l’odeur alléchés, s’en sont mêlés.

Pour autant, ils ne parlaient pas encore espagnol mais maîtrisaient la langue quechua, ce qui leur permettait d’avoir plus de facilités que le commun des mortels à finir chef de rayon chez Décathlon. D’ailleurs, un célèbre proverbe quechua ne dit-il pas : « Hatahualpec urubamba chimay » ce qui veut dire, sauf erreur de traduction : « Décathlon, à fond la forme ! ».

Ils n’avaient peur que d’une chose, que le soleil leur tombe sur la tête. Pour info, le décathlon pré-inca se disputait dans des disciplines comme la mendicité enfantine, la fabrication de chaussettes de ski en alpaga (alors qu’ils étaient nuls en ski !), le bronzage au Temple du Soleil, le sacrifice de vierges ou d’huile d’olive vierge… Liste non exhaustive.

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Les Argentins *

Il y a trois sortes d’Argentins. Les citadins, les Gauchos et les Indiens.

Les citadins vivent à Buenos Aires car c’est la seule ville.  Ils boivent du maté, regardent des matchs de foot et vendent des briquets dans le métro. S’ils ne parlaient pas si mal espagnol on pourrait les confondre avec des Européens.

Ils se baladent avec leur thermos sous le bras comme un vulgaire Américain dans Central Park et vident leur eau chaude dans des herbes de Provence. Avec égocentrisme, ils appellent ce thé immonde « maté ». Le maté ressemble un peu à un cendrier de lendemain de fête dans lequel on aurait versé de l’eau pour pas que ça pue le tabac froid ! Ils s’empilent dans des stades et se cachent sous des drapeaux pour ne pas voir le match. Si par mégarde ils voient encore un bout du terrain, ils allument des fumigènes pour ne pas être importuné. On comprend mieux pourquoi Maradona se droguait. Ils crient « Vamos » (Allons-y !) mais ne bougent pas. Ils s’égosillent : « La puta que te parrio » et leurs adversaires font de même ce qui prouve bien que toutes les Argentines sont des putes. Quand un joueur marque un but, ils ne font preuve d’aucune reconnaissance en lui criant « Go gol ». Quand le match est fini et suivant le résultat, les supporters rejouent le match au cutter aux alentours du stade ce qui est bien bête. Mais ne dit-on pas « con comme un ballon » ?… ou bien est-ce rond ?

Les Gauchos vivent dans la Pampa. Ils jouent aussi au football mais mal. Ils jouent au cheval mais pas les petits du jeu de société. Ils montent sur des chevaux comme des cowboys, vivent dans des ranchs comme des cowboys mais c’est pas des cowboys. Ils passent leurs journées à faire courir les vaches pour faire des steaks de 7 cm d’épaisseur mais sont même pas foutus de voter Bush au premier tour ! Leur unique but dans l’existence est de faire tourner leurs lassos alors qu’il y a des jeux bien plus intéressants à la foire du trône.

Les Indiens sont des Apaches. Environ. Ils apprivoisent des lamas sur lesquels ils ne montent même pas, sûrement parce qu’ils n’ont pas de lassos. Ça doit être pour ça qu’il n’y a pas de bar PMU. Quand ils s’habillent comme les citadins, ils vendent des pommes d’amour et font du change à la sauvette dans les rues de Salta. Quand ils s’habillent de tapis, ils ressemblent à des squaws mais en plus couverts et ils crient pas Geronimooooo. Pour plus d’infos, consulter l’historique des Incas !

*Un texte que n’aurait pas renié Pierre Desproges qui était sensible, voire efféminé. Et je le prouve, grâce à ses initiales. Etonnant, non ?

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03 février 2010

Lima

Dernier mot sur mon carnet petit Nicolas avec mon stylo cassé depuis copacabana.

En guise de p’tit déj’, j’achète un snapple dans une échoppe de l’aéroport. Bons souvenirs de jus de fruits de New York. En plus sur l’étiquette ya marqué « all natural ». J’achète et je lis en dessous, en plus petit  «naturally flavour » et encore en plus petit « with other flavour » et derrière en minuscule « contains 10% juice ». Ok. Ca doit être pour ça ce goût de pépins. Du jus de trognon de pomme. Comme quand j’étais petit et que j’avais un shampoing pomme d’api… à la pomme donc ! Ca sentait super bon mais fallait pas le boire !

Je psychote encore en cette fin de voyage sur tous les gens qui toussent un peu trop fort à moins de cinq mètres de moi. J’avais perdu l’habitude de la dépose des bagages, de la découpe des billets, du long couloir qui se finit en accordéon et de l’hôtesse qui nous accueille dans un sourire.

Lima c’est moche, c’est gris. On se croirait déjà à Paris. Mais en plus moche encore. Deux jours à tirer ici. Un plafond bas. Et encore, on est dans l’un des plus beaux quartiers de la ville.

Lima c’est beau. Quand de nuit le plafond blanc se change en noir et laisse passer la lumière de quelques étoiles qui se frayent un passage dans les lumières de la ville. Quand les nuages ne sont plus que quelques tâches dans le ciel. Quand du haut d’une falaise, on peut voir la ville scintiller et une grosse croix saigner la nuit de lumière. Je pars à l’aventure dans un collectivo et j’espère que ca durera toute la vie. Je monte en marche. Bousculé, serré, pressé par le poinçonneur.  Le camion bus dans lequel on se balade fait des embardées, virevolte, freine un peu trop fort, accélère par à-coups, freine un peu tard. Le poinçonneur se rappelle de tout le monde et vous fait remarquer que vous n’avez pas encore payé votre « sol » en faisant teinter les pièces entre ses doigts. Il ouvre et ferme la porte en tirant sur une chaine en fer qui libère un loquet et fait coulisser une porte en accordéon. Elle parait plus vieille que le bus lui-même. « Parada », « bajada ». Arrêt, descente. Il avertit les clients sur les lieux qu’on traverse et gueule au chauffeur de s’arrêter. Ce dernier stoppe toujours trop loin. Quand il peut. Quand il en a envie et essuie les remontrances du poinçonneur qui semble prendre le parti du client dans un sketch « good cop, bad cop ». On rase des minibus, on klaxonne des voitures. On frôle des bus. On descend de grandes avenues et le vent nous décoiffe. Born to be ride. La vraie aventure c’est pas la harley sur la route 66 c’est le bus sud-américain. En cursives sur le flanc des bus : miraflores, arequipa, bolivar, benvenides. Arequipa … arequipa papapapa ! frente !

Le soleil nous fait un disque orange en guise d’au revoir. Même pas brillant pour qu’on puisse le regarder dans les yeux.

Super content comme d’hab’ de faire 13 heures d’avion. Je vais pouvoir me gaver de films. Mais en entrant dans l’avion, je m’aperçois qu’on n’a pas d’écran individuel. 13 heures. Mon MP3 n’a plus de batteries. 13 heures. Pô grave je vais mater les hôtesses. 13 erreurs … de la nature. Des boudins de 50 ans, aussi délicates que souriantes. Soit je dors, soit je saute par les hublots.

On survole les côtes du Portugal et on passe au dessus de Lisbonne. Je lui fais un petit coucou. J’aime bien m’imaginer que les gens nous voient comme un petit point dans le ciel et rêvent d’être à notre place. Ils lèvent la tête et s’imaginent notre origine et notre destination. Ils posent leur doigt sur la trainée dans le ciel pour nous montrer : « Oh regarde, un avion ! ».

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01 février 2010

Machu picchu

On regarde le câble à aguas calientes, la ville la plus proche du Macchu Picchu. Trois chaines. Sur la sportive il y a du foot en salle. Gymnase remplit de supporters et mascotte du club local (une espèce de dragon) qui harangue la foule. Une autre chaine passe un soap. Sous la neige. J’ose pas bouger l’antenne qui tient en équilibre. Sur la troisième, les couleurs bavent tellement qu’on a l’impression de regarder un film en 3D. Sans les lunettes.

Deux français explosent le record de barbe. Soit c’est un choix, soit c’est comme moi, une fainéantise de voyage. Mais à ce moment là ca fait huit ans qu’ils voyagent. L’un des deux fait d’ailleurs bien de se la laisser pousser. Ca habille son corps décharné. Un rasta blanc en short marche dans les rues d’aguas calientes sans chaussures. Roots. Une serviette sur l’épaule, il se rend sûrement aux sources chaudes d’où la ville tire son nom. Deux heures plus tard, on suit son exemple, serviette sur l’épaule et tongs dans le sac. Mais le bain est juste tiède. Personne ne prend de douche avant de rentrer dans les bains et pour cause : trois douches bouillantes sont squattées perpétuellement pendant que six lions sculptés crachent par la bouche une eau glacée. Les odeurs qui émanent du lieu ne semblent pas être dû uniquement au souffre. Beaucoup de locaux en famille semblent être là pour le bain dominical. Les gamins plouffent comme à la piscine et l’eau est d’un vert-marron douteux. On voit un petit bébé dans l’eau. Comme c’est mignon ! Puis on voit sa couche sur le bord du bassin … On sort du bain probablement plus sales qu’on y était entrés.

On se lève à trois heures. Sur la route à 3h15 pour 1h45 d’escaliers à gravir. Le chemin jusqu’à la colline est plongé dans l’obscurité. Inquiétant. Je tâte les talus à la lumière de ma frontale. L’endroit et le moment idéal pour tendre une embuscade à des touristes apeurés. On passe sur un pont au dessus de la rivière et la grimpette commence.

Trois brésiliens montent sans lampes. Ils collent au cul d’un groupe d’espagnols. Un groupe monte à la lumière de l’appareil photo. Dommage pour la batterie. Dommage pour les photos ! On se trompe de route et on se rallonge d’une épingle à cheveux. On grimpe. Marche après marche. On transpire, on souffle. Marches. Une montée sans fin. Peur qu’il y ait encore un virage. Mais on en vient à bout, fatigués et incrédules. Il faut être dans les quatre cent premiers pour avoir droit au Wayna picchu. On est dans les 40. Contrat remplit. Dans la file d’attente, on hue ceux qui doublent. « C’est mon fils devant » se justifie t il. Bien sûr !

Les portes s’ouvrent à six heures. On traverse le site en courant comme si on avait quelque chose à se reprocher. Comme des profanateurs de tombe. La sensation d’être un privilégié. La sensation d’être le premier à découvrir le site. Le vert pousse comme des lentilles. Le brume monte de la vallée et nous enrobe comme de la barbe à papa. Sur le site, elle couvre tout de blanc puis glisse et redescend dans la vallée suivante. Elle lèche ainsi tout le relief. Parfois, elle mange le bout d’un sommet. Puis la seconde d’après elle fait disparaitre une montagne entière. Prestidigitatrice.

Masochistes des marches. On s’enquille le Wayna picchu. Une montagne en forme de magnum qui surplombe le site. Ici c’est la jungle. Des lianes, du vert. Une végétation épaisse. A peine la place de sortir du sentier pour faire pipi. Des écharpes de nuages s’enroulent autour des montagnes qui s’élèvent en parabole autour du Macchu picchu, comme des gardes du corps. De grosses langues végétales qui sortent de terre pour aller lécher les nuages.

Les talus sont blindés de fraisiers sauvages. Je cherche désespérément une fraise mais ça doit pas être la saison. Tout en haut du Wayna picchu, sur une restanque, j’en trouve une bien rouge. Je la croque et l’oublie dans le creux d’une molaire. Elle n’a quasiment aucun goût mais je me délecte de manger un fruit sacré.

On redescend à 14h30. Ca parait tôt mais ça fait onze heures qu’on est debout et qu’on marche. 7h30 passées sur le site. En plus, Laeti a les genoux en compote et je ne suis pas gastriquement dans mon assiette. On en a pris plein les mirettes.

J’ai pu voir la fin de mon voyage du haut du Wayna picchu et je m’en vais pleurer mes derniers jours à Lima ...

On reprend le train. Bye bye aguas calientes. Macchu picchu pueblo. La jungle se fait moins dense. Les herbes moins vertes. Les plantes plus épaisses. D’un côté de la vallée, la jungle. Un mur de vert. Des feuilles grosses comme des assiettes. De l’autre côté de la rivière, une végétation plus aride. De l’herbe jaunie et du vert ça et là.

Taxi pur Cuzco : « combien ? » « 50 ». A la voiture : « bon normalement c’est 80 plus l’essence mais vous je vous le fait a 50 +30 pour l’essence !!! ». Cadeau ? On se dirige plutôt vers un colectivo. 20 pour 2. Les bagages sur le toit. On se retourne à chaque virage pour vérifier si on ne joue pas au petit poucet. Même chose à chaque dos d’âne avec en plus l’impression de faire du saut d’obstacles.  Fessiers en compote à cause de l’absence apparente d’amortisseurs. Je vois une Marie Ingals locale courir dans un champ en pente. Un pull rouge à la main. Mais sans petite musique derrière et elle ne se casse pas la gueule.

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29 janvier 2010

Cuzco

Sur plaza de armas on nous propose des massages tous les deux mètres. On est en Thaïlande ? On mange dans un restau. Je tente le cuy (prononcer couille), du hamster grillé. Il arrive dans l’assiette entier et carbonisé. Laeti râle sur mon cuy. Une américaine me demande l’autorisation de le filmer.  Ca a un peu le goût du poulet fumé mais ya pas grand-chose à becter.

On assiste à un spectacle folklorique. Folklo. Les gars rentrent sur scène habillés en Sinatra, mais avec un poncho par-dessus. Et ils font des claquettes. L’un des danseurs a l’air dégouté. Il fait parti du groupe de danse folklorique le plus réputé du pays et il se tape LA seule grosse du groupe. Dur. Les filles ont des jupes parapluies qui tournent super bien ! Trop … je me concentre pour mettre en pratique la chanson de Souchon.

Pas de Pérou sans site archéologique alors on visite le site même pas « pré » mais « complètement » inca de sexywoman (Saqsayauman dans le texte). De grosses pierres même pas carrées qui s’emboitent comme par magie. Comme un puzzle vertical, sauf qu’il fallait se les trimballer et les tailler les cailloux d’une demi tonne. Ca parait tellement lisse de loin qu’on dirait un décor en carton pâte, des pierres en polystyrène.

On visite la vallée sacrée. Notre guide a un bras en moins mais une fille en plus dans les pattes. Pas pratique pour travailler. J’arrive le dernier dans le car et je finis donc sur le strapontin à l’avant. En face de la petite Maria. Alors je fais la nounou. Je m’amuse avec elle en faisant semblant de ne pas savoir compter et en mélangeant les chiffres. Seule blague potentielle en espagnol. Maria se décrotte le nez. Elle me regarde avec sa petite bouille ronde et ses tresses qui lui entourent le visage. Elle me sourit dans une petite moue gênée. Une p’tite tête pleine de tresses.

Les chiens traversent doucement et ne semblent pas effrayer de se faire klaxonner par un car qui de toute façon ne s’arrêtera pas. On dort sur les bords de la rivière Urubamba, dans le village homonyme. C’est plein de vide. Je commence à regretter. A sentir la fin du voyage. A regarder les choses, les paysages avec plus d’intensité, plus de mélancolie. Je sais qu’il me reste peu de temps. Je vais regretter toute cette terre présente jusque sur le toit des maisons, jusque dans l’air qu’on respire. Ces panneaux jaunes qui nous avertissent d’un virage dangereux, d’une épingle à cheveux ou d’une traversée de lama. Ces lacs pleins de truites. Ces eucalyptus vides de koalas.

On retrouve un petit côté campagne après une vallée sagrada très touristique. Des enfants qui nous font coucou au lieu de nous demander des sous, des moissonneuses batteuses qui choppent des brindilles jaunies, la terre qui remplace le bitume. Notre taxi s’arrête au milieu de nulle part pour dire bonjour à son oncle, berger. Il revient avec un agneau dans les mains. Ce dernier a perdu sa mère et a besoin de lait donc il faut le redescendre au village. Ca ferait un bon synopsis pour un épisode de la petite maison dans la prairie. On passe par Moray, qui a oublié de se vouer à son saint, probablement à cause de l’odeur. Des faux crop-circle se dessinent en ronds concentriques. Ce site était en fait des étages-test pour les cultures incas. On descend tout en bas par des escaliers-flottants plantés dans le mur. Au centre du monde.

Puis direction salineras. De l’eau salée sort naturellement de la roche et coule en patchwork dans des baignoires colorées du blanc au marron. Les cristaux de sel flottent à la surface comme des bouts de glace. Le surplus déborde comme de la bave des babines d’un chien enragé et donne des allures de paysage enneigé. On trempe nos mains dans l’eau qui circule entre les salines. Même en poussant fort vers le fond, le sel donne un coup de main à tonton Archi et notre main remonte rapidement. La mer morte. Ici tout corps plongé dans l’eau reçoit une baffe de bas en haut. On lèche nos doigts qui ont un goût de plage. Deux minutes plus tard, notre main a séchée et elle est toute blanche.

Dans un collectivo vers Ollantaytanbo, pas si collectif que ça puisqu’à part maman qui râle sur son fils et papa qui conduit, il n’y a que nous dans ce 21 places. L’impression d’être à une réunion de famille. Les collectivo en am’sud sont souvent des anciens véhicules japonais ou coréen que les nouveaux propriétaires n’ont même pas pris la peine de repeindre. Il subsiste donc des kanjis sur les carrosseries péruviennes et boliviennes.

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27 janvier 2010

Depuis Arequipa

Il fait gris sur Arequipa, on pourra donc pas voir le volcan Misti coiffé de neige. Il est aveuglé par les nuages. Les nuages jouent à colin-maillard avec lui.

On prend un ticket pour aller faire un tour de manège. Un taxi. A Arequipa, 80% sont des pots de yaourts jaunes. Des espèces de fiat 500, parfois tunées jusqu’aux petites lumières bleues sous les bas de caisse. Sur le toit, toutes portent le numéro de leur agence qui brille comme un numéro de téléphone rose. Un chauffeur + deux passagers. Un coffre inexistant. Les sacs à dos prennent plus que la place du mort. On s’entasse. Et c’est partit pour le grand huit. Sans ceinture. Même pas la frousse ! On joue à se faire peur. On passe là où normalement ça ne passe pas … et sans toucher aux rétros. Tout le monde klaxonne pour rien. Les policiers sifflent pour personne. Bordel. On passe au carrefour à l’instinct et on s’arrête cinq centimètres à temps. On frôle les pieds des piétons qui s’avancent parfois sur la chaussée, se ravisent et retournent en sécurité sur le trottoir. Ma main se crispe sur la poignée passager à chaque fois qu’on arrive un peu vite dans une intersection un peu bondée ou quand un piéton téméraire traverse en courant. On serre les fesses et on ferme les yeux à chaque fois qu’il oublie un panneau « pare ! ».

Les enfants vendent des bonbons et des chewing-gums comme les pakistanais de paris vendent des roses dans les restaus. Dans plusieurs bâtiments, des panneaux « zona segura en caso de seismos » nous dispensent de traduction. Effectivement on se sent tout de suite en sécurité.

« No te preocupas ». Il faut se méfier de cette phrase ici. Ca veut forcément dire qu’il va y avoir une merde. Ca ne manque pas ! Neige en altitude. Ca peut retarder notre départ alors on joue les pénitents en rentrant dans une église et paf ! La virgen de la nieve, la vierge de la neige en Français dans le texte. On lui fait une prière. Demain, si elle le veut bien c’est Cuzco en guise d’in-cas. Devait avoir les oreilles gelées la vierge ! On reste bloqué comme des cons sur Arequipa ! Pas foutus de déblayer trois pauvres centimètres de neige … Un jour de perdu. Dix de retrouvés ? Pas sûr que le proverbe fonctionne ici. Dans chaque chose négative on trouve du positif dit laeti.  Elle avait raison pour Uyuni (où nous avons rencontré les grenoblois), pour Puno (que nous avons involontairement remplacé par la jolie Copacabana) … elle aura raison cette fois encore. Ben voilà, à l’hôtel, je bavouille pendant une demi heure avec Mama claire, la gérente de l’hôtel qui me raconte des légendes sur le volcan local, le Misti. Il lui a volé un chapeau quand elle était encore jeune et guidait les quelques touristes qui s’aventuraient à ses pieds. Elle me raconte que le Misti s’habille en blanc une fois par an (c’est pour notre pomme) pour plaire à Chan-chan, son épouse de montagne. Mama claire a la tchatche, elle est rigolote. Elle aime raconter ses histoires de mamie alors je l’écoute en souriant. Son fils et sa fille assis comme nous sur le canapé de l’accueil regardent un soap à la télé.

Quand je monte dans le bus pour Cuzco, je suis debout à mon siège à l’avant du car. Une mamie tortue colorée me demande de lire sa place sur son ticket. « 19… un peu plus loin » lui dis-je dans la langue de Spinoza. Un papi suit derrière et me demande où se trouve la 40. Au fond du bus, je suppose. Il se rend alors compte que je ne suis pas un agent de la compagnie de car.

On passe au milieu des montagnes enneigées et mouchetées de pierres noires. On croit monter au ski et on s’attend à voir les premiers tire-fesses. La neige a fait trois accidents la veille au soir. Pendant que nous pestions de ne pas pouvoir partir. Peut être était il effectivement plus judicieux de perdre une journée ... Des panneaux jaunes en forme de losange : « attention, traversée de Vigunas » bordent la route et donnent un côté exotique au trajet.

Un nouveau vendeur de poudre magique essaie d’installer la télé. Des fils pendent de tous les côtés. Il crie au chauffeur « A quoi il sert ce bouton ? ». Il appuie plusieurs fois un peu partout, sort une télécommande qui tombe sur la tête d’un passager. Il passe sa main devant l’écran noir. Comme un docteur devant les yeux d’un aveugle. Au final, la neige se change en film : « the patriot » avec Mel Gibson. Mouais ! Ca fera toujours passer deux heures. Le vendeur de poudre est fier de lui et lève un pouce triomphant en direction du chauffeur qu’il rejoint à l’avant, dans la cabine. Mais s’il n’y a rien à redire à l’image, le son dolby-surround ressemble à une radio mal réglée. On comprend rien. Tant pis on inventera les paroles. Le vendeur semble s’en rendre compte car il vient régler le son. C’est compréhensible dix minutes puis ça redevient une soupe inaudible, un homme privé de dents qui chercherait à communiquer. Muet puis grésillant pendant les batailles. On a donc la chance d’avoir le bruit des explosions, en saturé. The patriot est un film de guerre … Finalement aux trois quart du film, l’image se coupe. On voit le reflet du couloir de bus et la lumière de la route qui défile de chaque côté. Ce serait un soulagement si le son ne continuait pas son travail de sape. Personne ne se plaint. Laeti se lève et éteint. On le louera en DVD !

Je m’arrête faire pipi à Puno. J’attends mon tour aux pissotières qui ressemblent toujours à des abreuvoirs. Strictement rectangulaires. Je regarde mes chaussures. Quand c’est mon tour, je prends soin de passer au large du papi qui me libère sa place. On va tacher de ne pas être en contact avec son pantalon tâché. Je me faufile, me dézippe mais quand je lève la tête, je tombe nez à nez avec la rue. Les persiennes en plastiques sont grandes ouvertes. Au premier plan, les cheveux d’une femme appuyée contre le mur. Derrière, les passants qui vont et viennent en regardant parfois dans ma direction. Je prie pour que la jeune fille ne se retourne pas.

Vers Cuzco. Des montagnes jaunes à perte de vue. De la savane.

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25 janvier 2010

Canyon de colca

On prend un tour pour visiter le canyon de Colca. Arrêt pipi après dix minutes de bus et un zozo se fait voler son sac. Après dix minutes de lamentations et de coup de pieds dans le mur, on se dirige vers le commissariat le plus proche. Pris à l’hôtel à 9h15, on campe toujours devant la maison des poulets à midi.

Le bus passe à travers de petites collines qui ont été tranchées nettes comme des parts de gâteau. La poussière s’envole souvent pour nous envelopper comme un nuage. Parfois, elle se lève pour former de petits tourbillons. Une montagne se partage entre un orange vif et le blanc de la neige. Un yop goût abricot.

On rentre dans un tunnel. Noir et plein de poussière. Le chauffeur s’amuse à couper les phares. Un four. On grimpe vers cruz del condor pour aller admirer ces gros oiseaux. Mais le temps se gâte. Deux jours de bus longs et insignifiants et en face du deuxième, jour blanc. L’un des plus grand canyon du monde caché derrière le brouillard. Il neige à gros flocon. On voit à peine nos pieds alors le canyon 400 mètres plus bas … Aucune chance de voir un condor. Ils ont autre chose à foutre que de parader devant une bande de touristes par moins cinq. Alors on se gèle dix minutes. On prend quelques photos sous la neige et on rentre dans le bus. On prépare la suite de notre voyage pour ne pas perdre de temps. Dépités. Mais une Norvégienne rentre dans le bus et se vante d’en avoir vu un. Crâneuse. Le soleil sortant timidement, on l’imite. On part à la chasse aux condors. Et on en voit plusieurs. Ils tournent autour de notre cailloux remplit de touristes. Ils nous observent comme on regarde la colline des singes au zoo. Ailes déployées, ils sont impressionnant. Comme une voile tendue par le vent, comme un parapentiste qui glisse sur les courants ascendants. Le bout de leurs ailes ressemble à des doigts qui appuient sur le ciel pour planer. Des ptérodactyles. Quand ils passent au dessus de nos têtes, ils éclipsent les quelques rayons de soleil qui frayent entre les nuages. On est survolé par les condors … tulutup tup hahaha tulutup tup les citéésss d’or !

Au retour, on visite un dernier village de la vallée de Colca. Un énième marché « traditionnel » de chaussettes et de gants en alpaga. Une énième église blanche. Encore un enfant qui vous fait payer un sol pour prendre une photo avec un lama ou un faucon. Mais à côté de Disneyland, un mariage se prépare. Les femmes en habits colorés et au chapeau retourné en fonction de leur état civil. Les hommes en costard. La pena qui suit derrière est bourrée de cuivres et rythme le cortège. Au fond, trois hommes en habits incas (?) semblent être la caution traditionnelle du mariage. Le cortège se tient la main et file en farandole. On remonte vers le bus. Une petite fille baille la bouche grande ouverte. L’alpaga qu’elle tient en laisse mâchouille de droite à gauche comme un cousin du chameau.

Une maman trimballe son bébé dans son manta. Image traditionnelle dans les Andes. A ses côtés, sa petite fille de cinq ans. Elle porte sa peluche lapin dans un torchon noué autour du cou … pour faire comme maman.  Une maquette de maman. Une mamette.

Mirage. Je crois voir des saucissons pendus à la devanture d’une boutique. En fait, ce sont des chaussettes. Déception.

A 4900 m, deux petites maisons en pierre avec des toits de pailles ressemblent à des huttes de pygmée. A l’aller, elles étaient entourées des couleurs traditionnelles à cette altitude. Jaune ou marron. La neige à tout repeint en blanc. Des pissotières à 5000m. , et en plus c’est gratuit ! Je pousse la petite porte en bois et me plie en deux pour entrer. Des planches de bois et un trou. Que demander de plus à cette altitude. Je fais l’effort de respirer par la bouche mais je m’aperçois que ça ne sent même pas mauvais. Je doute d’un passage récent de l’équipe de nettoyage … Ce doit être l’air de la montagne. Désodorisant naturel.

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23 janvier 2010

Vers Arequipa

Direction Arequipa. Une femme devant nous ouvre la fenêtre. Il y a des miettes dans son sac plastique. Elle jette les miettes. Oh et puis merde le sac avec ! Les abords des villes sont souvent de gros dépotoirs. Pour une population surement plus sensibilisée au consumérisme qu’à l’écologie.

Juliaca, ciudad loca. Au centre de la ville, ça bouge dans tous les sens. Ca crie. Notre car fait un stop. Moins pour les passagers que pour l’économie locale. Les vendeurs font passer la nourriture par les fenêtres et récupèrent la monnaie tombée au sol. Les bouteilles d’Inca cola volent jusqu’au deuxième étage du bus et retombent. Certaines vendeuses ont le droit de monter à bord. Asado, asadito. Pan pancito. Cancacho, cancachito. Agua, aguito. C’est le continent des ito et des ita. Tout est petit ici. Poco … poquito, poquitito !!!

Un vendeur réussit sur la pointe des pieds à vendre un sac de gros pain de campagne. Le bus reprend sa route lentement, en klaxonnant et en essayant de se frayer un chemin entre les rickshaw à pédales. Les vendeurs marchent à côté du bus et une bouteille d’Inca cola trouve enfin preneur. Deux pièces font aussitôt le chemin inverse. Le bus commence à rouler portes ouvertes car des vendeuses cherchent encore preneur pour des paniers repas.  Après nous avoir sollicité une dernière fois, elles sautent en marche dès que le bus est ralentit par un taxi vélo.

La même ado qui a jeté un sac plastique par la fenêtre nous pollue maintenant les oreilles avec les hauts parleurs de son portable. Comme quoi la coutume naît dans le métro parisien n’a pas de frontières. En plus pénible, eut égard aux grésillements dû au retard technologique de l’appareil. On a du mal à distinguer le rythme et une femme et un homme se relaient pour produire ce qui ressemble à des cris dans un micro bourré de larsens. Elle passe une main marron foncée sur son visage clair. Un vieux vernis rose sur la moitié des ongles, bracelet en plastique assortit. Veste en jean bleu foncé, plaid orange et rose sur les genoux.

Encore des vigognes sur le chemin vers Arequipa. Toujours rien à voir avec les cigognes. Ce sont des lamas en moins poilus et non apprivoisés. Ca se prononce bigougnasse et ça pourrait bien être une insulte en France. Les mots qui finissent en « asse » sont rarement élogieux. Arrêt pipi. Les femmes vont derrière un vieux bâtiment abandonné. Les hommes pissent au vent. Un gars se lève et prend la parole comme un mendiant dans le métro parisien. Il parle fort pour contrer les hoquets du bus qui brinquebale sur une route défoncée. Parfois, sa voix part dans les aigües comme celle d’un ado en train de muer. Il pose des questions sans laisser le temps de répondre. Et personne ne répond. « senores, una preguntita por favor… ». Il vend un truc en boîte qui, pris au petit déjeuner, soigne à peu près tout. Promotion : trois pour le prix de dix. Un « tonico » natural et « sobre todo » un « producto nacional » !!!! (Le « made in Pérou » est très apprécié ici.) Deux cuillères au desayuno … Malgré une puanteur d’arnaque, ça marche. Il en vend une demi-douzaine.

Sur la gauche, un nuage en forme de triangle remplace le haut d’un volcan certainement perdu lors d’une irruption. Ravin de cinquante mètres sur notre droite, et on double dans un virage … La ville haute est construite sur les stries d’une coulée de boue ou de lave. Murs des maisons en pisé. La terre et le sable sont partout. L’homme n’a pas encore tout recouvert. Une ville camouflage. Si la ville haute reste terrienne, la ville basse cultive en vert. Des champs aux abords de la ville. Incroyable. Un beau volcan au dessus de nous. C’est le Misti. Joli reflet d’arbres dans le soleil couchant. Quand même pas aussi beau que le Lican cabur. Le Lican cabur est le plus beauvolcan au monde, même plus beau que le Fuji (c’est dire !). Un petit nuage fait de l’ombre sur un grand nuage qui tourne en écharpe autour d’une montagne.

On arrive dans le centre de la ville d’Arequipa et là c’est le choc. Une odeur de pétrole qui vous colle aux poils des narines. Des taxis miniatures reliés par les pare chocs. Les sirènes des policiers et les alarmes des voitures ressemblent à des jeux pour enfants et changent de tonalité toutes les cinq secondes. Une grande place avec un joli jardin et dans les rues transversales, des rues piétonnes bondées de magasins et de fast foods. Des rues occidentales. Le contraste avec Juliaca rencontrée le matin même fait mal aux yeux. Une mamie lambine dans un couloir. Elle est si bossue qu’on dirait une équerre.

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